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Le blog de Dominique Droin

Discours conférence de presse

26 Janvier 2015, 17:33pm

Publié par droin

Rochefort, Palais des Congrès, le 9/01/2015

Avec la présence de J.M de Lacoste-Lareymondie, membre du bureau politique du FN et délégué en Charente-Maritime.

Discours de Dominique Droin lors de la conférence de presse et la présentation des candidats pour les élections départementales de mars 2015.

Le texte n’ayant jamais été écrit, il a été transcrit par Roland David d’après un enregistrement audio.

Bonsoir, et merci de votre présence. On a hésité à maintenir cette conférence de presse en raison des évènements de ces dernières heures. Seulement, ce n’est pas aux fous et aux assassins de dicter notre calendrier, donc on l’a maintenue. On aurait préféré le faire dans un contexte différent… C’est pénible de présenter des vœux dans ces circonstances. Ce n’est pas très agréable non plus de présenter une candidature ainsi, mais enfin… C’est la vie !

Nous vous avons donc réunis pour cette conférence de presse, qui n’est pas une réunion politique, c'est-à-dire que seuls les journalistes pourront poser des questions. Il y aura une réunion le 20 mars qui, elle, sera réservée au public.

Donc, chers journalistes, avant toute chose et avant de parler de candidature, je crois qu’il est nécessaire de présenter mes voisins, même si certains sont connus. Vous connaissez, je pense, Jean-Marc de Lacoste, membre du bureau politique du Front National qui siège à Nanterre, délégué départemental de Charente Maritime du FN et qui habite La Rochelle. Jean-Marc de Lacoste prendra la parole tout à l’heure et vous expliquera les raisons de sa présence ici. Ma voisine est aussi ma partenaire. Nous nous présentons tous les deux en binôme. Il s’agit de Sylvie Bassetto. Ceux qui ont suivi la campagne des municipales la connaissent : elle était n° 2 sur la liste. Sylvie Bassetto est chef d’entreprise. Elle parlera aussi tout à l’heure. À l’autre bout de la table, il y a la jeune génération. On est content d’avoir cette jeunesse. Le combat politique va se poursuivre dans les prochaines années et on aura besoin d’une autre génération ; on a besoin de sang neuf et de sang enthousiaste pour s’impliquer dans les prochaines joutes électorales. Il y a d’abord Karine Lalouse, puis Ludovic Demathieu.

Ludovic Demathieu, son nom était cité dans l’invitation parce que, en plus d’être mon suppléant, il était jusqu’à hier le représentant de DLF à Rochefort. On avait, en effet, avec DLF un accord. Ils devaient nous soutenir et cet accord était conclu depuis longtemps. Ludovic Demathieu a des mails qui l’attestent et qui sont à la disposition des journalistes qui les veulent. Et puis DLF nous a dit : « On veut bien vous soutenir mais on ne veut pas avoir notre logo à côté de celui du FN. » - Bon on ne mettra pas votre logo, on rappellera juste votre soutien.

On en était là, lorsque l’on a envoyé les invitations aux médias en début de semaine. Des journalistes qui font bien leur travail et qui, en plus, ont eu la délicatesse de ne pas me déranger, ont appelé directement DLF en disant :
- Qu’est ce qui se passe à Rochefort ? Dans le Var vous excluez une candidate parce qu’elle se présente aux cotés du FN, et à Rochefort vous partez ensemble.

D’abord je ne suis pas FN, je n’ai jamais été FN. Personne chez nous n’est au FN. On est divers droite. On a juste voulu le soutien de différents partis politiques qui partagent nos convictions. On avait obtenu celui du FN et celui de DLF. Seulement, voyant la curiosité des médias pour cette alliance, DLF a eu des pudeurs et ça a commencé à devenir franchement compliqué. Donc, hier matin j’ai pris la décision de dire à Ludovic Demathieu que l’on ne souhaitait plus bénéficier du soutien de DLF. Je lui ai aussi posé la question :

- Si DLF te donne à choisir entre eux et nous, qu’est ce que tu fais ?

Ludovic m’a répondu qu’il restait avec nous. Il vous en dira un mot tout à l’heure. En ce qui nous concerne c’est le meilleur choix qu’il pouvait faire. On n’a plus l’étiquette mais on a le produit. Je vous demande de bien regarder Ludovic Demathieu, il est plein d’avenir, c’est quelqu’un de très impliqué, qui réfléchit vite, qui est très imaginatif, qui est enthousiaste et c’est un garçon charmant avec qui il est très agréable de travailler. (Applaudissements)…

Nous sommes donc une candidature divers droite soutenue par le FN.

Je vais donc aborder maintenant cette candidature en évoquant d’abord le contexte national et en faisant abstraction, bien sûr, de ce qui s’est passé ces dernières heures. On n’avait pas besoin de ça pour se rendre compte que la France, depuis quelques années, est traversée par différentes crises. Des crises terribles. Il y a d’abord une crise économique… Mais une crise économique, finalement, ce n’est pas si grave que ça. Avec un gouvernement efficace, avec quelques bonnes décisions, avec du courage, on se sort d’une crise économique. La France a déjà connu des crises économiques, elle s’en est sortie.

Au-delà de cette crise économique, il y a aussi une crise de confiance. J’ai 55 ans, je ne suis pas très vieux, mais je ne suis pas non plus un perdreau de l’année. Je n’ai jamais vu mon pays frappé d’un tel pessimisme. Il n’y a qu’à regarder le nombre de personnes qui quittent la France parce qu’elles estiment qu’il n’y a plus d’avenir ici. On en connaît tous. Il n’y a pas que les grandes fortunes qui émigrent. Tout le monde émigre. Le phénomène touche toutes les classes de la population.

Il ya donc ces deux crises, mais il y en a aussi une troisième et celle-là est pire, parce que, contrairement aux autres, elle est irréversible. Cette crise, c’est une crise d’identité… Je crois qu’il faut arrêter l’angélisme ; il faut arrêter de se bercer d’illusions ; il faut arrêter de faire comme l’autruche ; il faut arrêter de mettre la tête dans le sable. On doit l’y extraire pour regarder la réalité telle qu’elle est : on est en train de changer de civilisation ! Toutes les études démographiques le prouvent : les naissances d’enfants issues de l’immigration islamique sont 3 fois plus nombreuses que celles issues des Français de souche... On comprend, dans ces conditions, que dans quelques années une nouvelle civilisation sera dominante dans notre pays. Cette civilisation, ce n’est pas la nôtre, c’est celle des musulmans. Les prédictions des imams vont bientôt se réaliser : ils auront conquis l’Europe, sans un coup de canon, uniquement par le ventre de leurs femmes. Ça, qui peut le nier ? Qui peut le nier ? Personne !

Alors, soit on le souhaite et on s’en réjouit, soit on s’en fiche, soit on s’y oppose. Nous, nous nous y opposons. C’est le sens de notre engagement politique. On pourrait se désespérer comme beaucoup de gens le font. On pourrait baisser les bras, baisser la tête. Nous préférons relever le menton, relever nos manches et y aller pour défendre notre pays, notre civilisation, notre culture.

C’est dans ces conditions que grâce à 34 autres personnes j’ai pu présenter une liste lors des dernières municipales. Cette élection nous a d’abord permis de réaliser un score qui en a étonné plus d’un. On nous donnait à 2 ou 3% : on a fait plus de 10%. Autre point positif : à l’issue de cette candidature, un groupe est né. Quelques jours après les élections, des colistiers sont venus me voir en me disant : « Il n’est pas question que tu abandonnes. On est là, on va t’aider, tu peux compter sur nous. Plus de 10% des Rochefortais t’ont fait confiance, tu ne peux pas les abandonner. » Je n’aime pas beaucoup parler de moi, mais j’avoue que cette attitude m’a profondément touché. Je n’avais certes pas l’intention d’abandonner, mais continuer dans ces conditions, c’est plus confortable ; surtout, c’est plus exaltant. Au début, je me suis battu avec quelques amis quand on a crée La Passerelle, notamment avec mon amie Danièle Jalley qui est encore là ce soir. Mais on n’était peu. Aujourd’hui, on a une véritable équipe… une milice comme l’ont qualifiée certains journalistes… J’ai senti une véritable force derrière moi. Un groupe est né. Un groupe s’est formé. Un groupe s’est soudé. Ce groupe est là, ce groupe est fort et on a décidé de continuer et de poursuivre notre engagement.

Au mois de septembre, quand il a été question d’évoquer les cantonales, qu’on appelle aujourd’hui les départementales, la question s’est pausée de savoir ce qu’on allait faire. À l’unanimité, on a décidé d’y aller. Mais le risque était de retrouver face à nous une liste FN avec qui on se serait neutralisé, avec qui on aurait rivalisé. Alors, on a conclu qu’on devait partir en partenariat avec le FN. Il ne fallait pas se neutraliser. Il ne fallait pas se combattre. Il fallait s’entendre. L’heure n’est plus aux petites querelles de chapelle. Nos électeurs comme ceux du FN ne nous l’auraient pas pardonné. Nous devions ce partenariat à nos électeurs respectifs. Nos convictions, aux uns et aux autres, l’exigeaient.

En rentrant chez moi et sans la moindre concertation préalable, je vous jure que c’est vrai, j’avais un message de J.-M. de Lacoste me demandant de le rappeler parce qu’il voulait me parler. On s’est vu, on s’est parlé. Ça a été rapide, car on était exactement sur la même longueur d’onde. On s’est compris tout de suite et on a décidé de partir ensemble. On aurait pu le faire à une autre époque, c’est vrai. Depuis 2009, Jean-Marc me fait des appels du pied. Ça ne s’est pas fait pour des raisons x ou y, mais à l’époque on ne pouvait espérer faire qu’un score. Là, on vise beaucoup plus qu’un score : on vise un résultat.

On vise un résultat pour 2 raisons essentielles. D’abord en raison du contexte national. Depuis 57 ans, on a 2 partis dominants. Pendant 15 ans, les résultats ont été là. Depuis 1974, la France décline. Plus ça va, plus elle décline. Aujourd’hui on est au bord du gouffre. Si bien que ces partis que j’ai appelés dominants ont fini par perdre leurs électeurs les uns après les autres. Ils arrivent par grappes successives dans l’escarcelle du FN. Ce qui fait qu’aujourd’hui le FN est devenu le 1er parti de France, si on se réfère aux dernières élections Européennes.

On avait donc, d’un côté, un contexte national favorable grâce à l’envergure prise par le FN. Mais on avait aussi un contexte local qui l’était tout autant grâce à l’impéritie de la nouvelle équipe municipale. Depuis mars dernier, chacun le sait, Rochefort a changé de municipalité. Les socialistes ont laissé la place à l’UMP. Hélas ! personne n’a vu de changement.

À cela, rien d’étonnant en quittant son poste le maire socialiste a carrément adoubé le candidat de l’UMP. Le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas obligé un ingrat : son successeur poursuit exactement la même politique que lui. On l’a vu avec l’histoire de l’extension de la mosquée, lorsque les deux mêmes se sont retrouvés derrière le ruban républicain pour une cérémonie dont on n’a pas très bien compris le sens.

On a vu aussi, à propos de l’incinérateur, un maire qui a refusé de comprendre ce que voulaient ses administrés et qui a préféré poursuivre l’action de son prédécesseur. Je m’arrête là, parce que dans le dernier numéro de La Passerelle, on a dressé la liste de toutes les autres petites mesures qui ont été prises et qui montrent à quel point la différence entre ce que faisaient les socialistes et ce que fait maintenant l’UMP, n’existe pas. L’UMP rochefortaise est tellement à gauche qu’on n’entend plus les socialistes. Si ! la seule socialiste qu’on entendu, a parlé pour faire exactement les mêmes reproches au maire que ceux que nous formulions déjà dans La Passerelle. C'est-à-dire qu’elle l’accusait de se contenter des dossiers existants sans apporter la moindre touche personnelle. Bref ! l’UMP rochefortaise a déçu son monde et surtout, ce qui est plus grave pour elle, ses électeurs.

On a donc, d’un côté, une UMP locale qui a déçu ses électeurs ; et d’un autre, un contexte national favorable avec l’expansion prise par le FN. C’était donc le moment ou jamais de faire ce partenariat avec le FN. Je pense que Jean-Marc de Lacoste est aussi de mon avis.

La parole est ensuite donnée à J.-M. de Lacoste.