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Le blog de Dominique Droin

Courrier aux délégués du SIL

16 Juin 2015, 12:20pm

Publié par droin

Objet : Incinérateur d’Échillais et votre convocation à Royan le 26 juin.
P.J. : 1. Article paru dans La Passerelle 2. Extrait d’un article paru dans Angers.Mag du 16.04.15, modifié le 17.04.15
Madame, Monsieur,
Vous êtes convoqués, vendredi 26 juin, par le président du SIL pour choisir, ente autres, le délégataire qui devra exploiter l’usine d’incinération d’Échillais.
Pourriez-vous interroger votre président, M. Barraud, au sujet d’un projet similaire à celui d’Échillais qui s’est soldé par un fiasco de 120M€ dans la région d’Angers (voir P.J. 1 et 2) en lui posant ces deux questions.
Première question : le procès qui oppose l’exploitant (Véolia) au constructeur (Vinci) à Angers n’est-il pas de nature à contrarier le projet d’Échillais ?
Deuxième question : quelles sont les causes de l’échec de l’incinérateur d’Angers ? et qui, selon vous, est en responsable ?
Je suis persuadé, pour ma part, qu’il est difficilement concevable que deux protagonistes en guerre ouverte dans un fiasco qui s’est fait aux dépens du contribuable, puisse à nouveau se retrouver sur un projet commun et similaire.
Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’expression de ma haute considération.
Dominique Droin

P.J. n°1 Article Passerelle

L’hyper incinérateur d’Angers ou l’histoire d’un fiasco à 120 M€.

C’est un projet de centre de revalorisation des ordures ménagères, comme à Échillais. Autrement dit, c’est un hyper incinérateur. Mais à qui on a donné un nom bucolique : Biopôle. Ça se passe en périphérie d’Angers, à Saint-Barthélemy d’Anjou. Quant aux acteurs, ce sont les mêmes qu’ici : le constructeur, c’est Vinci, l’exploitant, Véolia. Enfin, il y a la communauté d’agglomération d’Angers. C’est-à-dire que là-bas, il n’y a pas eu besoin de créer une nouvelle couche sur le millefeuille administratif, contrairement à chez nous avec le SIL. Le projet angevin a vu le jour en 2011. En 2015, c’est un fiasco à 120 M€. Entre temps, que s’est-il passé ?
L’agglo a commencé par signer une délégation de service public avec Véolia pour l’incinération de ses déchets. Or, très vite, l’exploitant a constaté qu’il ne pouvait pas exploiter l’usine. Aussi, s’est-il naturellement retourné contre l’agglo en l’attaquant en justice. Celle-ci estimant, de son côté, qu'elle n’était en rien responsable des dysfonctionnements de Biopôle, a donc attaqué, à son tour et toujours en justice, le constructeur, Vinci.
Pas vraiment décidé à porter le chapeau, le constructeur s’est défendu en affirmant que c’était l'exploitant qui exploitait mal. L’affaire est donc dans les mains de la justice et l’imbroglio à ce point alambiqué que les hypothèses les plus noires sont avancées. En effet, les conclusions d'un rapport d'experts, réalisé par la société d'ingénierie Naldeo, ont été remises à Christophe Béchu, président d’Angers Loire métropole et jeune pousse plein d’avenir de l’UMP ; ainsi qu’à Joël Bigot, son vice-président en charge des déchets. Le 4 mars 2015, on pouvait lire dans Ouest-France : « La semaine passée, c'était au tour de Joël Bigot […] de parler de son [il s’agit de Biopôle] très probable arrêt après seulement quatre ans de service. » Autrement dit, les contribuables de cette collectivité auront dépensé 120 M€ pour rien. Ce qui fait dire à Joël Bigot : « Les équipements de ce type ont été un temps à la mode, mais tous connaissent les mêmes difficultés résiduelles... » Fermez le ban.
Cette histoire, résumée à l’extrême, nous invite à trois réflexions :
1. L’agglo d’Angers, contrairement à ce qui s’est fait chez nous, n’a pas créé une couche supplémentaire sur le millefeuille administratif par le truchement d’un syndicat mixte pour son hyper incinérateur.
2. Au lieu de se faire inviter en Martinique par Vinci, les élus du SIL auraient mieux fait d’aller à Angers. La destination est certainement moins exotique, mais sûrement plus instructive.
3. Il serait souhaitable que Véolia et Vinci viennent à Rochefort expliquer publiquement les raisons de leur naufrage.
Le président du SIL, sait ce qu’il lui reste à faire.
Cette histoire devrait faire réfléchir tous ceux qui sont encore favorables au projet d’Échillais. À commencer par les élus.

P.J. n°2

Article Angersmag du 16.04.2015, modifié le 17.04.2015
Depuis jeudi matin, plus un seul déchet produit sur l'agglomération d'Angers ne rentre en traitement dans l'usine Biopole à Saint-Barthélémy-d'Anjou, pourtant mise en service spécifiquement à cet effet il y a seulement cinq ans. Filiale de Veolia Environnement, la société Geval qui exploite le site a pris cette décision mercredi sans crier gare -et sans limite de temps- pour préserver, explique-t-elle, la santé de ses salariés. "Cette mesure est aujourd’hui rendue indispensable afin de préserver leur santé et leur sécurité, constatant que le niveau de sécurité de l’installation est devenu incompatible avec la bonne exécution de la mission" explique Geval dans un communiqué.
Alain Le Gall, son directeur, nous a confirmé les informations parues jeudi matin dans Le Courrier de l'Ouest, à savoir que c'est à la suite d'un CHSCT (1) puis d'un comité extraordinaire d'entreprise convoqué à la demande des salariés, qu'il a pris sa décision. "La médecine du travail m'a vraiment alerté sur la dégradation des conditions de travail et la vraie détresse de certains salariés. Ils supportent mal déjà l'insécurité qui entoure l'avenir du site mais ils sont surtout exposés aux risques à moyen et long terme engendrés par la forte concentration en poussières et le taux très élevé d'ammoniac dans l'usine. Je suis employeur, il fallait à un moment donné que je bouge" explique t-il. "Faire prendre autant de risques à nos salariés pour une installation qui n'est pas viable, ça n'a plus de sens à un moment."
Au problème sanitaire, s'ajoute pour Veolia Environnement, le problème récurrent de "viabilité" du site. En raison de ses dysfonctionnement, Biopole accuse aujourd'hui en bout de traitement 65% de refus de tri. "Entre 80 et 85% de ces refus sont traités à l'usine d'incinération de Lasse (qu'exploite aussi Veolia Environnement dans le Baugeois) et le reste est enfoui. Ce surcoût de traitement, c'est nous qui le payons" insiste Alain Le Gall. Pour Geval, indique-t-il, les pertes d'exploitation s'élèvent aujourd'hui à 2,5 millions d'euros par an : "Faire prendre autant de risques à nos salariés pour une installation qui n'est pas viable, ça n'a plus de sens à un moment."