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Le blog de Dominique Droin

Qui sont les traitres ? 1. Le cas Bussereau.

6 Mars 2017, 11:01am

Publié par droin

 Il y a longtemps que nous étions au courant de ces faits. Nous ne voulions pas en parler, mais la sournoiserie ambiante nous a poussés à le faire. D’autre part, comme les médias subventionnés n’en feront aucun écho, nous reproduirons cet article dans la prochaine Passerelle qui, grâce à la générosité et au nombre de nos abonnés, sera tirée à 10.000 exemplaires.

 

Tout le monde est à peu près d’accord là-dessus : légalement, François Fillon est dans les clous. Alors on avance la question de la moralité. Aussi est-il intéressant de savoir qui sont ces moralisateurs. Passons sur les journalistes pour ne pas éclater de rire et contentons-nous d’examiner le cas des politiques qui ont lâché leur champion, ces rats qui ont quitté le navire, en un mot : qui sont les traitres.

Il y a le cas Bussereau par exemple. Président du Conseil départemental de Charente-Maritime, il vient, avec toute la fédération LR du département, d’abandonner François Fillon en rase campagne et en appelle à Alain Juppé pour le remplacer.

On imagine donc M. Bussereau en homme politique comme on en rêve, un de ces individus rares par les temps qui courent, un homme qui ne mélange pas vie familiale et vie politique. Malheureusement, certains faits peuvent alimenter quelques interrogations à ce sujet. Notamment, le recrutement de l’une de ses filles par le transporteur Kéolis. Voici les faits en deux mots :

Le 20 mars 2008, Dominique Bussereau, alors secrétaire d’État en charge des Transports, devient président du Conseil général de la Charente-Maritime. Au mois de juillet de cette même année, il change la société qui doit assurer le transport scolaire et public. Le contrat courre sur 8 ans avec un budget de 160 millions d’euros. A la place de Véolia, qui détenait le marché jusque-là, il choisit Kéolis. En septembre 2009, Kéolis recrute l’une des filles Bussereau à son siège parisien, comme chargée de recrutement. En septembre 2011, celle-ci devient juriste en charge du social, puis en janvier 2014, chargée des relations sociales, poste qu’elle occupe toujours actuellement, si l’on en croit son compte Viadeo[1]. Nous ne doutons pas un instant qu’elle a été recrutée pour ses compétences. En même temps, on peut penser qu’il aurait été préférable qu’elle choisisse une entreprise qui ne suscite aucune équivoque à ce sujet.

 

Ce qui n’est pas inintéressant non plus, au sujet de cette même jeune femme, c’est que, par son mariage, elle est devenue très proche de Jean-Pierre Jouyet. Pour ceux qui l’ont oublié,  M.Jouyet est le secrétaire général de l’Élysée. C'est un intime de chez intime de François Hollande. Il est à tu-à toi avec le pouvoir, qu'il soit de droite ou de gauche. Il a été ministre de François Fillon. Aujourd'hui, c'est son pire ennemi. Jouyet, on s’en souvient, c’est celui qui a déclaré à deux journalistes du Monde que l’ancien Premier ministre lui aurait demandé d’accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy. Affirmation aussitôt démentie par Fillon et le troisième homme présent lors de ce déjeuner.[2]

La fille de Dominique Bussereau est donc très proche de l’ennemi juré de Fillon, puisqu’elle a épousé Cyril de Warren, l’un des fils de Brigitte Taittinger qui a épousé en deuxième noce Jean-Pierre Jouyet.

Au sujet de Brigitte Taittinger, voici, entre autres, ce que disait Le Monde sur son site Internet, le 8 octobre 2014, lorsque François Hollande la décorait de la Légion d’honneur : « On fête le ruban de l’épouse de "Jean-Pierre", Brigitte Taittinger Jouyet, que le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, a proposée au grade de chevalier de la Légion d’honneur. Elle vient d’être nommée directrice de la stratégie de Sciences Po, cette fabrique de la nomenklatura française. » On peut lire dans ce même article que le Président de la République disait d’elle qu’elle avait l’art de susciter les confidences, y compris les siennes.[3]

Voici donc la belle-famille de la fille de M. Bussereau qui vient de réclamer la tête de François Fillon et qui appelle de tous ses vœux le retour d’Alain Juppé.

 

La morale de cette histoire, c’est qu’il faut toujours résister pour rester à flot. Au moment de la tempête, les  rats quittent le navire. Celle-ci terminée, ils ont vidé les lieux et la navigation n’en est que plus agréable.

 

[1] http://fr.viadeo.com/fr/profile/constance.bussereau

[2] Lire à ce sujet Un Président ne devrait pas dire ça Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

[3] http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/10/08/les-jouyet-un-couple-au-pouvoir_4502293_823448.html