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Le blog de Dominique Droin

Musée Hèbre, déception.

30 Décembre 2006, 13:32pm

Publié par Dominique Droin

 
La modernité n’a jamais immunisé contre la difformité et le grotesque. Le musée de Rochefort en est une nouvelle preuve.
 
Il paraît qu’actuelle et ancienne municipalité se disputent la paternité du nouveau musée de la ville. On se demande pourquoi.
Vu de l’extérieur, le bâtiment heurte l'oeil. Il apparaît froid et glacial alors que Rochefort est une ville chaleureuse. Mais, plus choquant encore, il est  ringard et prétentieux.
Ringard, parce qu’il est comme ceux que l’on faisait, il y a vingt-cinq ans. Ce mélange de matériaux est une vielle lune qu’aucune capitale n’utilise encore.
On l’annonce aussi révolutionnaire ; on présente Pierre-Louis Faloci, l’architecte, comme un précurseur alors qu'il n'a fait que reprendre ce que Leoh Ming Pei et d'autres on fait bien avant lui.
Faire croire aux Rochefortais que l’ensemble est moderne équivaut à les prendre pour des attardés. Il n’y a rien de plus ridicule que de courir après une mode  dépassée. C'est ce que l'on fait ici.
 
Prétentieux, le bâtiment l’est parce qu’on a voulu le faire plus beau que celui du XVIIIe. On s’est cru up to date. On a fait une toiture en plastic prête à s'envoler à la première tempête.
Observons-là ! Observons aussi celle du nouveau centre Leclerc. Elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Seulement celle du supermarché est en harmonie avec l'ensemble de son architecture. Pas là!
Alors, on parle de création géniale. Mais où est le génie créatif ? Suffit-il, pour s’en croire nanti, de transformer ce qui existe ? C’est un peu court. On le fait chaque samedi à la Star-Ac. On reprend de vieux succès, on les réorchestre. On les transforme. On les modernise. On ne crée pas, on reprend. 
Seule différence, à la Star-Ac, on ne joue pas les grands novateurs…
Ici, on se remplit de soi-même !
 
L’intérieur.
J’ai visité ce samedi matin l’intérieur avec un ami. Il y a, avouons-le, deux points positifs. Le premier : la visite est gratuite. Le second : on y est resté une demi-heure, on était les seuls. Un silence de mort. Pas un autre visiteur pendant ces trente minutes, alors qu'en bas le marché battait son plein.
Malgré tout, malgré cette grande quiétude, quelle déception ! L’ensemble est encore plus froid que l'extérieur, sans le moindre charme, parfois même lugubre. C'est la gare de Toulouse-Matabiau un jour où une grève l'aurait rendue déserte.
Dans de telles conditions, impossible de mettre en valeur les quelques très belles pièces de la collection. Pour les autres objets, parfois sans grand intérêt, peu importe le décors.
En outre, les cartouches explicatifs sont peu clairs dans tous les sens du terme : mal éclairés, d’une écriture minuscule, non numérotés. On s'y perd.
Bref, avoir dépensé autant d’argent pour un tel résultat est un gâchis dont on se demande quel intérêt il y a, à s’en disputer la paternité. 
 
 

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Office du tourisme communautaire,

14 Décembre 2006, 18:16pm

Publié par Dominique Droin

Office du tourisme communautaire,
nouveau fiasco en perspective
 
Après l’aventure pathétique de l’inscription de l’arsenal de Rochefort au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Pays rochefortais se lance dans un office du tourisme communautaire sans consultation préalable. Les raisons d’un fiasco annoncé.
 
 
Le Pays rochefortais vient donc de créer son office communautaire, ce qui entraîne ipso facto la dissolution des structures existantes. Cette initiative est regrettable. Aucun prestataire indépendant n’en était demandeur. Au contraire, tous se félicitaient du système qui est en train d’être dissous et avec qui ils avaient établi des liens. Des liens basés sur la confiance.
Toutes ces petites structures avaient, en outre, l’avantage de la souplesse et l’activité touristique a besoin de souplesse. L’activité touristique a surtout besoin d’organismes capables de réagir promptement aux impondérables d’une saison. Les O.T. municipaux l’ont fait pendant des années avec efficacité, mais qu’en sera-t-il avec un office centralisé lourd et éloigné qui n’aura ni la même souplesse, ni la même disponibilité. D’autre part, le personnel interchangeable n’aura pas la même connaissance du terrain pourtant si nécessaire, tant pour le visiteur que pour l’organisateur. 
 
Pour défendre son incroyable idée, la communauté de communes argue qu’il faut promouvoir la notion de Pays. Elle ignore probablement que cette notion est complètement étrangère à celui qui vient en vacances ici et qui se retrouve en Pays rochefortais comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. A-t-on déjà entendu quelqu’un dire : « Moi je passe mes vacances en Pays rochefortais » ? Jamais ! On passe ses vacances à Fouras, à La Rochelle, à Rochefort, sur l’Île de Ré ou d’Oléron, voire en Charente-Maritime, mais jamais en Pays rochefortais.
 
L’autre argument, est qu’il faut centraliser l’information. C’est un excellent argument auquel répond déjà parfaitement le Comité Départemental du Tourisme (CDT) qui remplit cette mission sur toute la Charente-Maritime avec une grande efficacité.
Au début de chaque saison, des rencontres sont organisées entre les différents prestataires touristiques du département et les offices municipaux. Chacun prend ses contacts et vante son produit en s’adressant à une cible qui n’a rien à voir avec la notion de pays, mais en fonction de critères corrélationnels, géographiques ou autres. On voit mal, dans ce contexte, comment la structure communautaire mise en place à partir de 2007 pourra trouver sa place. Elle n’aura, par ailleurs, jamais l’espace du CDT, ni la précision d’un office municipal.
 
Enfin, on regrettera que cette décision soit prise sans consultation préalable, que l’on soit passé en force sans se soucier de l’opinion des prestataires indépendants, pourtant les premiers concernés. Ceux-ci n’ont pas les salaires rassurants des employés de la communauté de communes. Chaque saison est pour eux une nouvelle aventure. Ils connaissent le terrain et les touristes mieux que ceux qui sont à l’origine de cette initiative. On est dans le cas même de la décision unilatérale, non concertée et incohérente, prise par des gens qui sont dans leur bureau et loin des réalités.
 
Sans être grand devin, que va-t-on nous dire au moment du premier bilan ? - Que c’était une première expérience très intéressante, même s’il y a des choses à revoir et des ajustements à faire. Puis, progressivement, on reviendra vers l’ancien système, celui que l’on vient de dissoudre. On aura perdu beaucoup de temps, beaucoup d’énergie et par conséquent, trop d’argent.

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