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Le blog de Dominique Droin

Les euros bornés ou les Zorro bernés

15 Septembre 2011, 15:00pm

Publié par Admin

C’est avec cette suffisance propre à ceux qui ne doutent de rien qu’ils nous affirmaient, il n’y a pas si longtemps, que l’Europe ainsi que son corollaire monétaire l’euro, était la seule solution pour ne pas se faire écraser par les deux grands blocs que sont les États-Unis et la Chine. À les entendre, ceux qui n’étaient pas de cet avis, et peu importe leurs arguments, n’étaient qu’imbéciles, réactionnaires, passéistes ou, pire, individus dangereux à qui il faudrait bien un jour intimer l’ordre de se taire. Eux-mêmes se posaient en garants de la sûreté des Européens. En quelque sorte nos sauveurs responsables, nos Zorro au cœur vaillant. Sans eux, on courrait tous les risques. Sans leur Europe et leur euro, on était perdu. 

Aujourd’hui nous y sommes. Voici leur Europe, voici leur euro, chahutés par le reste de la planète, et voici surtout l’une des raisons à tout cela.

Éprouvant les mêmes difficultés qu'avant l'euro, certains pays européens ont souscrit des emprunts auprès des banques du monde entier. Aujourd'hui, ces banques implorent leur gouvernement respectif d’insister auprès des États de l’espace européen pour que ces derniers sauvent l’euro. Non pas par amour de cette monnaie, encore moins par philanthropie, mais parce que sans ça, ces banques risqueraient de ne jamais être remboursées. C’est pourquoi le secrétaire américain au Trésor, Tim Geithner, s’est invité à la table des Européens « pour les pousser à sauver leur monnaie », selon le Figaro économie d'aujourd'hui. D'autre part, toujours selon ce même journal, la Chine qui possède en réserves 800 milliards d’euros en devises étrangères, somme les Européens de « mettre de l’ordre chez eux » avant de poursuivre leurs investissements en Europe.

Quand on pense que c’est justement pour ne pas se faire « manger » par les Chinois et les Américains que l’on a construit cette Europe-là et sa monnaie corollaire, on se dit parfois que nos héros pourraient parfois prendre quelques vacances. Car, la seule question qui vaille aujourd’hui consiste à se demander quand cette supercherie cessera.

Il y a longtemps que certains pays, comme la Pologne, ne frappent plus à la porte de la zone euro. Quant à l’Angleterre, au Danemark et consort, ils ne s’y sont même jamais approchés. Pourquoi ? Peut-être par peur d’y être victime d’un mauvais courant d’air.