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Le blog de Dominique Droin

Les médias et les candidats du système

20 Janvier 2014, 05:17am

Publié par Admin

Texte du documment distribué à 15 000 exemplaires à partir de cette semaine

 

Avant qu’ils ne se rendent aux urnes les 23 et 30 mars prochains, peut-être est-il souhaitable de rappeler aux électeurs, qui n’en auraient pas encore pris conscience, le rôle que les médias cherchent à jouer pour tenter de les influencer et les faire voter à merci. Aussi, avons-nous décidé de nous pencher sur deux cas : celui de France 3 et celui de Sud Ouest, même si depuis quelque temps la loyauté de ce dernier à notre égard s’est un tout petit peu améliorée.  

 

Le cas France 3

Le bal des militants.

S’il existait un palmarès du journalisme militant pour ne pas dire du journalisme de combat, l’Oscar reviendrait sans conteste à France 3 Poitou-Charentes. D’abord, cette chaîne, alors que notre candidature est connue depuis le mois d’octobre, refuse ostensiblement de la mentionner dans ses différents journaux. Pourquoi ? On l’ignore. Elle préfère se limiter à nos trois adversaires, dont deux, déjà, ont eu le privilège d’un reportage. Nous, évidemment, nous n’avons jamais eu droit à rien, strictement rien.

Aussi, est-ce avec une certaine stupéfaction que nous découvrons, mardi 14 janvier, un courrier électronique de cette même chaîne nous priant de contacter sa rédaction au sujet des municipales à Rochefort. Nous imaginions benoîtement, qu’une prise de conscience s’était opérée et que l’injustice allait être réparée. Nous prenons donc rendez-vous pour le lendemain, 11 heures, à La Rochelle.

Mercredi 15, comme convenu, je me rends sur ce que je croyais être les lieux de la rédemption. Je demande d’entrée au « journaliste » si les trois autres candidats sont aussi présents.

– Non, répond-il. Eux, ils sont invités en plateau à Poitiers.

– Ha !

– Leur émission, poursuit-il, sera enregistrée dans les conditions du direct et quelques extraits de ce que nous allons filmer aujourd’hui passeront dans cette émission.

Je lui fais remarquer qu’en matière d’équité, on a vu mieux. De son côté, il me fait comprendre que c’est ça ou rien.

L’étonnement digéré, nous nous dirigeons vers ce qui va servir de studio d’enregistrement. Autrement dit, un bureau de 9m2 sans le moindre éclairage particulier, contrairement à ce qui se passe en plateau. Il ne faut surtout pas mettre le candidat qui n’appartient pas au système en lumière. Arrive alors un cameraman qui brandit une sorte de caméscope amélioré. Il me le colle à 50 centimètres du visage et en hauteur de manière à mieux écraser son image. Interdiction de fixer l’objectif, autrement dit de m’adresser aux téléspectateurs. Il faut regarder le journaliste. C’est un régal !

Autre avertissement :

– Vous n’aurez que très peu de temps, donc soyez bref !

Enfin, trois questions et deux minutes après, tout est plié.

Vendredi 17 janvier, jour d’enregistrement pour les trois candidats du sérail. Ces candidats, puisqu’il est question d’équité, nommons-les. Il y a d’abord celui qui s’est engagé au côté de Ségolène Royal en 2010, Alexis Blanc ; il y a encore le socialiste André Bonnin. Pour la droite, c’est l’UMP Hervé Blanché.

Aucun des trois, malheureusement, ne pensera à déplorer l’absence de leur adversaire seulement apparu quelques secondes pendant cette farce télévisuelle. L’esprit chevaleresque, en politique, on savait depuis longtemps qu’il s’était perdu. On est en droit de se demander si l’esprit républicain n’est pas en train de suivre le même chemin.

Samedi 18 janvier, l’émission est diffusée. Le présentateur annonce qu’il y a trois candidats à Rochefort et il les présente. Un quart d’heure après pourtant, le téléspectateur croit comprendre qu’il y en aurait peut-être un quatrième, mais ne peut en être sûr tant celui-ci est annoncé avec mépris.

– Sa liste n’est pas complète, affirme le journaliste hostile.

C’est faux, mais ça ne coûte rien de le dire. Puis, sur les deux minutes de l’enregistrement effectué à La Rochelle, trente secondes seulement passent à l’antenne.

 

En un mot, et si l’on a bien compris, il n’y a pour les journalistes de France 3, que trois candidats à Rochefort. Ne rien dire, ne rien faire, ce serait se rendre complice de leur bouffonnerie sournoise. Ce serait abdiquer et agréer leur sectarisme et leur morgue.

Aussi, personne n’imagine une seconde que l’on va laisser continuer ces niaiseries. Personne n’imagine que des militants de cafés-concerts peuvent nous faire renoncer à quoi que ce soit. Au contraire : leur bêtise nous fait rire et leur malhonnêteté nous stimule.

C’est pourquoi nous prenons la peine de diffuser ce document à 15 000 exemplaires dans les boîtes aux lettres de Rochefort. Nous le faisons moins pour nous plaindre de ces agissements débiles que pour prouver aux Rochefortais que cette rédaction confond sciemment devoir d’informer et militantisme actif. Nous le faisons pour rappeler que ce sont les opinions personnelles des journalistes, et non la réalité, qui servent de ligne éditoriale à France 3 Poitou-Charentes. Nous le faisons pour fustiger le combat que mène sans relâche cette coterie loufoque. Nous le faisons enfin et surtout pour regretter que tout discours qui s’écarte un tant soit peu du système n’ait pas droit au chapitre sur une chaîne qui se prétend du service public et devrait, en conséquence, s’adresser à tous.

 

 

Le cas Sud Ouest

Après Bernard mon amour, voici Dédé forever

Disons-le tout de suite, depuis l’arrivée du nouveau chef d’agence, l’hostilité dont nous étions victime depuis plusieurs années, s’est quelque peu calmée. Il n’empêche, trois colistiers sont allés relever les pages consacrées à chacun des quatre candidats de Rochefort depuis le 1er mars 2013. Le résultat est sans appel.

27 articles majeurs autour d’André Bonnin tandis que son nom apparaît 8 fois en titre. 

13 articles majeurs autour d’Hervé Blanché, son nom apparaît 7 fois en titre.

11 articles autour d’Alexis Blanc, son nom apparaît 3 fois en titre.

3 articles autour de Dominique Droin… mais son nom n’apparaît jamais en titre. En effet, lorsque Sud Ouest a présenté notre candidature l’intitulé était : Un candidat de plus à droite. C’est sympa ! C’est vendeur !

En fait, il était très pénible au journaliste d’écrire Droin en gros. Il y a des choses comme ça qui relèvent de l’impossible.

Conclusion, même s’il y a un mieux du côté de Sud Ouest, la marge de progrès est encore grande.

 

Dominique Droin