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Le blog de Dominique Droin

Tribune

28 Mars 2010, 18:17pm

Publié par Admin

Ci-dessous le texte de ma tribune publiée dans La Vigie, bulletin politique de Fouras.

Régionales 2010, ou les frustrations de la droite

 

Avec ses 26% au premier tour, jamais, depuis le début de la Ve République, la droite parlementaire n’était tombée aussi bas. Autrement dit, les Français ont suivi l’exemple du Président de la République : à des personnalités de droite, ils en ont préféré venues de gauche, pratiquant ainsi l’ouverture qu’on leur avait tant vantée. Pourtant, cette gauche était prenable. Que ce soit celle des régions, sa gabegie et sa fiscalité exubérante ; ou celle de la rue de Solferino sans projet et gangrenée par ses querelles intestines. Plus nulle que les nuls, telle aura donc été notre pauvre droite lors de ce scrutin de mars.

Les raisons de la déroute sont de deux ordres, et même trois en Poitou-Charentes, puisqu’il est évident que le très bon résultat de Ségolène Royal est plus une épine dans le pied des socialistes que dans celui de la droite et que l’on a visiblement tout fait pour qu’il en soit ainsi. Toutefois, l’intrigue, si elle a pu jouer, se fond au milieu des deux causes principales. D’abord, un vote sanction contre la politique nationale de Sarkosy qui a déçu une bonne partie de ses électeurs de 2007 ; ensuite, la stratégie mise en place depuis cet été par les différentes formations de droite en vue de ces élections régionales. Une erreur !

 

Nous nous contenterons ici d’évoquer seulement cette erreur. Erreur aussi grossière que prévisible qui a commencé cet été lorsque le parti présidentiel a avalé deux petites formations qui, réunies pour les dernières européennes, avaient totalisé, en Charente-Maritime,  plus de 12% : le MPF et CPNT. Quand on sait, d’autre part, qu’à mi-mandat, la contestation de ses propres troupes est dans l’air, c’est mal connaître l’esprit français que de vouloir les contraindre à l’abnégation en leur ôtant toute échappatoire propre à accueillir leur mécontentement. En agissant ainsi, on s’est imaginé que les amis de ces petits partis porteraient leurs suffrages sur l’UMP pour la rendre omnipotente à droite, sans jamais envisager une seconde qu’on allait, de ce fait, fragiliser cette même droite dans tout le pays. La politique, ce n’est pas la guerre. Il ne suffit pas de neutraliser les chefs pour amener les troupes à se rendre. Le citoyen est libre. Si on veut le forcer par des manœuvres cauteleuses, il se sent trahi et refuse de tremper dans la supercherie.

Car enfin que lui a-t-on laissé comme choix à cet électeur de droite le 14 mars dernier ? Un choix cornélien. Un choix entre une UMP très portée sur l’ouverture à gauche et un Front National qui préfère faire passer la gauche au deuxième tour. Un choix peu excitant en somme, un choix frustrant que les troupes ont boudé et l’élan tant souhaité n’a pas eu lieu. Mieux valait, et ça paraît aujourd’hui évident à tous, leur laisser une porte de sortie, une soupape pour s’exprimer, ce qui aurait permis d’avoir des réserves au second tour.

J’ai essayé, cet automne, de faire valoir ce point de vue auprès de Dominique Bussereau. Il n’a jamais voulu m’entendre. Plus étonnant encore, il a cru que je voulais venir sur sa liste et m’a envoyé une lettre très aimable pour me signifier qu’il regrettait de ne pouvoir me donner satisfaction… 

Devant tant d’inconséquence, il est évident qu’à l’avenir, nous nous passerons de discussions et nous suivrons le chemin que nous devons suivre.


 

 

Dominique Droin