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Le blog de Dominique Droin

Le maire répond... mais pas vraiment à la question

27 Novembre 2009, 18:01pm

Publié par Admin

Comme on peut le lire dans les deux articles précédents, j’ai interrogé M. Grasset pour connaître la façon dont le promoteur du Magasin aux vivres était entré dans sa sphère. Peut-on dire qu’il a répondu à cette question ? Très vaguement. Disons plutôt qu’il a parlé de l’affaire pendant de longues minutes. C’était au Midi-6 de Demoiselle FM.

Détournant, comme il en a l’art, une question pour éviter d’y répondre et se trouver plus à l’aise, il n’a apporté que de maigres éclaircissements à la matière. Il faut saluer, dans cette interview, la pugnacité d’Arnaud Develde, poussant son interlocuteur dans ses derniers retranchements pour savoir comment l’appel à concourir avait été rendu public.

Lors de cet entretien d'un quart d'heure, et malgré l'insistance d'Arnaud Develde, M. Grasset a été incapable de confirmer qu'il y avait eu un appel public. Quant à savoir comment il était entré en relation avec M. Clémencin, la seule chose que l'on puisse tirer de sa longue palabre est : « On peut dire, ça s’est un peu fait avec l’aide de la MRAI. Par conséquent voilà ».

Voilà, en effet, et c’est un peu court. La MRAI étant chargée de vendre les actifs de l'État, a par conséquent, trouvé un promoteur rochelais.

On peut écouter jusqu’à vendredi prochain l’intervention de Monsieur le Maire sur le site internet de Demoiselle FM. J’ai néanmoins relevé, ci-dessous, les passages les plus intéressants malgré un manque de clarté que je laisse à la discrétion du lecteur.
Les questions du journaliste sont en caractères gras, les réponses du maire en italiques, mes commentaires en bleu.

 

Arnaud Develde vient de demander comment on avait choisi le promoteur.

-         […] Nous avons, à l’époque, effectivement, dans la mesure où il fallait précéder l’achat, faire, je dirai une consultation d’un certain nombre de groupes et de promoteurs. (Contentons-nous de remarquer, pour l’instant, qu’il ne s’agit plus de concours mais de « je dirai une consultation ») À ma connaissance, il y a bien eu une bonne douzaine de groupes qui ont fait offre de candidature. Certains, simplement, sur une simple carte de visite. (Une simple carte de visite pour répondre à une consultation où des millions d’euros sont en jeu est pour le moins étonnant) Et il y en a un certain nombre, dont le groupe représenté par M. Clémencin (qui a lui seul en représente cinq) et un groupe breton, le groupe Malardeau, qui ont présenté des dossiers intéressants. Ce jury, nous avons jugé que le dossier présenté par le groupe représenté par M. Clémencin était plus intéressant […]

-         On ne peut donc pas parler d’appel d’offre. Donc la législation des appels d’offre ne s’applique pas en la matière, c’est plutôt un appel à projet. Comment a-t-il été rendu public.

-         B.G. : Exactement, c’est un appel à projet. Un appel d’offre c’est quelque chose qu’on va réaliser avec un bien qui nous appartient. Or le bien ne nous appartenait pas. (Là, on détourne la question et on joue avec les mots. Car il s’agit, qu’on le veuille ou non, de trouver un acheteur pour un bien qui va appartenir à la ville) Parce qu’il fallait pour l’acheter, c’est curieux comme démarche, mais je crois que c’est une bonne démarche dans l’esprit, il fallait qu’on indique à l’État ce qu’on allait faire de ce bâtiment […] (il ne fallait pas) Vendre à un seul promoteur, mais à un groupe de promoteurs. […] (d’où le groupe de promoteurs représenté par M. Clémencin)

-         Pour essayer de répondre clairement aux insinuations de M. Droin. Est-ce que cet appel à projet a été rendu public ? Comment ? Est-ce que ce sont les services de la ville qui sont allés chercher des promoteurs ? Y a-t-il eu publication dans la presse spécialisée ? Il y a un journal qui s’appelle Le Moniteur, par exemple qui fait ça.

-         Le Moniteur, encore une fois, ne rend compte, non pas d’appel à projet, mais de marché. Il s’agissait simplement d’une consultation en direction d’un certain nombre de groupes. Je n’ai pas la liste de ces groupes, mais on peut trouver facilement lesquels ont répondu. On peut dire, d’ailleurs, ça c’est fait un peu avec l’aide de la MRAI . Par conséquent voilà. (Voila, le seul semblant de réponse à la question posée : On peut dire, ça c’est fait un peu avec l’aide de la MRAI.) Mais pour l’instant, je vous signale, que rien n’est vendu et rien n’est acheté. (Aveu intéressant... surtout à ce stade de l'argumentation. Puis, on devient plus hésitant et moins compréhensible) Donc, là-dessus... y a eu..., je crois, bon. Nous en avons rendu compte au conseil municipal, je pense le conseil municipal qui a suivi ce choix du jury. Nous en avons rendu compte au conseil municipal, comme je rends compte au conseil municipal de l’avancée de ce dossier. Mais il ne pouvait pas y avoir un appel d’offre ni un marché, un marché en la forme, dans la mesure où on n’avait, pour le coup, à ce moment-là, rien à vendre.

-         Vous parlez de jury. Ça veut dire que vous n’étiez pas le seul décideur dans cette affaire et qu’un tas d’avis autorisés ont été recueillis, j’imagine.

-          Je crois qu’il y avait des membres du conseil municipal, je pense que l’adjoint à l’urbanisme de l’époque, MeBonnin, il y avait du personnel du conseil municipal, le directeur général des services, le chef de service de l’urbanisme. Par conséquent ça s’est fait dans la plus totale transparence. (Sic. On imagine effectivement de quelle transparence il peut s’agir. Toutes ces personnes citées, sont au moment de l’affaire, des subordonnés de M. Grasset)

-         Vous connaissiez M. Clémencin avant cette affaire ?

-         (Avec des accents Mitterrandiens) Je n’avais jamais rencontré M. Clémencin avant cette affaire […]. Je ne fréquentais pas les promoteurs immobiliers de La Rochelle. (Après un silence et plus Mitterrandien que jamais) Ce n’est pas mon genre de fréquentations.


Conclusion : A la question, "Comment le maire a-t-il connu M. Clémencin ?" Sa réponse est, si l'on s'en tient à ses explications, grâce à la MRAI.